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SULLA Lucius Cornelius



STATUT

HH : Recherche. Date et heure vraisemblables. Heure locale, solaire vraie.

SOURCES

Encyclopédies & Biographies.
- "Sylla", de François Hinard, éd. Fayard, Paris 1985.
- "Vies", de Plutarque et divers auteurs gréco-romains (Salluste, Appien, Dion Cassius, Aurelius Victor...).
- site du Dr Sandrine Viollet qui nous a apporté une aide précieuse dans cette étude.

NOTES HISTORIQUES

Homme d'État romain, général puis dictateur, né à Rome en ~138, mort à Cumes au printemps (mars ?) ~78.

Seule l'année de naissance de Sulla est connue à quelques mois près (il fut élu au consulat en décembre ~89 dans sa 49e ou 50e année, il mourut en mars ~78 dans sa 60e ou 61e année). Des considérations astrologiques portant sur une période de quinze mois encadrant l'année julienne ~138 (car le calendrier romain fluctuait au gré des intercalations) nous conduisent à retenir la seule solution vraisemblable, le 12 novembre ~139 julien.
* Heure de naissance inconnue, établie d'après des considérations astrologiques à 6h 5m locale vraie à Rome.

Sulla (ou Sylla) appartenait à la vieille gens aristocratique Cornelia, déchue du Sénat pour un ancêtre, Rufinus, qui s'était trop enrichi. Depuis cette branche des Cornelii, comme Sulla lui-même, vivait obscurément d'une fortune relativement modeste. Hélléniste cultivé et lettré, Sulla mena une jeunesse d'esthète débauché indifférent à la politique. Après avoir hérité, il put se marier avec Ilia (ou Iulia de la très ancienne gens Caesar ?). Par la suite, il divorcera et se remariera plusieurs fois dans la haute aristocratie. Pourtant, passé la trentaine, il semble s'être décidé à mener une carrière militaire puisqu'on le retrouve en Afrique comme légat et questeur de Marius, qui dirige la guerre contre Jugurtha. Il participe aux opérations militaires secrètes qui mènent à la capture du roi de Numidie (~105). Comme second de Marius, il s'illustre encore dans les guerres menées contre les Cimbres et les Teutons (Aequae Sextiae en septembre ~102, Vercelliae fin juillet ~101) avant de se brouiller définitivement avec le grand homme jaloux de ses succès.
Il poursuit ensuite le Cursus honorum normal, devenant préteur urbain puis gouverneur de Cilicie. De ~91 à ~89, Sulla s'illustre comme général dans la guerre sociale conduite contre les Marses et les Samnites, redoutables peuples guerriers italiques. Parvenu au consulat en ~88, Sulla se voit confier par le Sénat la guerre contre Mithridate, roi d'Asie mineure et du Pont. La même année, il se remarie pour la quatrième fois avec Cecilia Metella, de la puissante famille des Metelli. C'est alors que le tribun S. Rufus, du parti des Populares, le fait destituer de son commandement pour le confier à Marius. Refusant de s'incliner, Sulla prend Rome d'assaut (été ~88) [fait sans précédent dans l'histoire de la République puisqu'il ose faire franchir à une troupe armée le Poemerium, l'enceinte sacrée de la ville], fait assassiner le tribun et annule ses lois. Marius s'exile en Afrique, Sulla part mener la guerre sur le Pont (~87) et ... Marius reprend le pouvoir à Rome comme consul où il se livre à des proscriptions avant de mourir (13 janvier ~86).
Durant la guerre du Pont, Sulla s'empare d'Athènes (1er mars ~86) et d'autres villes où ses légions se distinguent par leurs pillages et leurs massacres (il est vrai qu'en été ~88 Mithridate avait fait assassiner tous les citoyens romains d'Asie mineure ! [vêpres d'Ephèse]). Vainqueur (~85), Sulla revient lentement en Italie avec un immense butin et une armée de 40 000 hommes dévoués à sa cause (~83). Durant un an et demi, la guerre civile se déchaîne entre les Populares de Marius (décédé) et les Sénatoriaux de Sulla, qui reprend Rome d'assaut aux calendes de novembre ~82 (victoire de la porte Colline). Afin de mettre fin aux massacres de la guerre civile, Sulla ordonne une purge contrôlée par de nouvelles proscriptions et confiscations. Nommé dictateur perpétuel [en violation du droit qui limitait cette charge à six mois], il légiféra sans discontinuer afin de restaurer l'État républicain dans une forme quasi monarchique (~81) avant d'abdiquer la dictature au bout d'un an et de redevenir consul pour la seconde fois (~80).
Toutefois, en ~79, il démissionne curieusement (maladie ?) et se retire à Cumes au milieu de ses vétérans où il meurt en mars ~78, après avoir rédigé des Mémoires (détruites lors de la guerre civile qui suivit). Après lui, le Sénat se montra incapable de se montrer digne de son œuvre, les querelles avec les Populares reprirent, le bas peuple puis les esclaves se révoltèrent (Spartacus), la guerre civile reprit de plus belle jusqu'à l'anéantissement du vieux Sénat républicain, devenu inadapté à l'empire, par les Populares (Jules César).

On a longtemps spéculé sur la démission de Sulla de la dictature, car il n'était pas dans son caractère de renoncer. César ironisait en traitant Sulla d'imbécile, car -disait-il- lorsqu'on a le pouvoir, on le garde. Peut-être cette décision fut-elle liée au désir de jouir d'une retraite méritée mais aussi à la fatigue résultante de maladies éprouvantes. De fait, Sulla souffrait de plusieurs maladies : ulcère de l'estomac aggravé par l'alcoolisme (Sulla aurait été affilié au bacchisme) et à la bonne chère (diabète), une dermatose du visage liée à une rosacée aigüe et vers la fin une phthiriase sexuelle aux dires de Plutarque. Quoiqu'il en soit, Sulla renonça à se présenter aux magistratures de ~79 et se retira à Cumes, au milieu de ses vétérans, pour mettre de l'ordre dans ses affaires et mourir en paix. Au printemps ~78, à la suite d'une violente colère, l'ulcère de l'estomac creva, il vomit des flots de sang et s'éteint en quelques heures.

De son apparence, F. Hinard nous dit clairement qu'elle nous est inconnue, même si l'on a quelques pistes. Aucune statue le représentant n'est dédicacée. Celles qui lui sont attribuées l'ont été parce qu'elles avaient "une gueule" suggestive. Seule la numimatique nous renseigne un peu sur le véritable visage de Sulla.
De son allure et de ses mœurs, voici ce que Plutarque rapporte. Il avait des yeux ardents, étincelants et rudes. La couleur du visage était "effroyable" car fort couperosée parsemée de tâches blanches. Un plaisant d’Athènes fit d'ailleurs ce vers satirique sur son teint : " Sylla n’est qu’une mûre empreinte de farine ", vers qui valut à Athènes la vengeance de Sylla lors de sa prise en ~86. Enclin à la moquerie, la boisson et la bonne chère, il menait une vie d'esthète dépravé, s'adonnant à la luxure et aux voluptés, fréquentant histrions et courtisanes, multipliant les mariages de convenance. Par ailleurs Sulla aimait le chant et le théâtre. Sinon, il se montrait actif, diligeant et sévère, d'une nature hautaine, sarcastique et vindicative, tantôt arrogant ou vil flatteur. Fort ambitieux et avide de gloire, il émergea d'une vie obscure à la lumière des honneurs par sa réputation acquise dans les armes, se disant protégé de Vénus et prenant le surnom de Felix (Heureux).

NOTES ASTROLOGIQUES

Scorpion Ascendant Scorpion, Sulla avait un caractère absolu, passionné, irréductible, à la fois angoissé et combatif, allant jusqu'au bout de ses entreprises, rebelle, rancunier, vindicatif et sarcastique, ne pliant jamais devant l'adversité où il se régénérait. Créateur fécond, il excellait dans la recherche et l'investigation des choses cachées ou obscures. Fin stratège, il brilla dans l'art militaire. En revanche, cette signature apporte des amours tumultueuses et difficiles, de violentes pulsions sexuelles. Absolu et intransigeant, tenace et fécond, parfois fanatique, des convictions intenses marquèrent sa vie sociale. Au plan de la santé, cette signature apporte une grande résistance mais prédispose aux infections de toutes sortes, aux maladies sexuelles et digestives.
L'amas à l'Ascendant Vénus en chute, Soleil, Mars dignifié, Lune en chute en Scorpion accentue le portrait ci-dessus dans le sens d'un esthète porté à la luxure et à la débauche (Mars-Vénus), violent et vindicatif, parfois cruel et fanatique, sarcastique, diligent, arrogant et hautain (Mars-Soleil-Lune) mais voué à une brillante carrière militaire où il fit preuve d'énergie et d'autorité (Mars-Soleil), avec de rares capacités de ruse et de dissimulation (amas en Scorpion). Cet amas ascendant décrit fort bien son visage : beau et magnétique (Vénus) mais couperosé, fort rouge (Mars-Soleil) et tâcheté (Vénus) de plaques blanchâtres (Lune), une belle chevelure blonde dorée (Vénus-Mars-Soleil) et des yeux ardents, étincelants et rudes (Mars-Soleil-Lune). Avec cette signature ascendante, Sulla était un homme passionné, amateur d'art (chant, théâtre), diplomate rusé habile à manier la carotte et le bâton, tantôt arroguant tantôt flatteur (Mars-Vénus en Scorpion), qui brilla par ses exploits militaires (Soleil-Mars) où il témoigna d'une rare sagacité (agent secret de Marius contre Jugurtha), de vigueur, de violence et de férocité dans les guerres sociales (Vénus-Mars) et populaires (Mars-Lune), la Lune en chute signant sa lutte sans merci contre le parti populaire de Marius. Les maîtres de l'Ascendant précisent la personnalité de Sulla : Mars en Scorpion en I, le militaire rusé, intransigeant et irréductible, l'imperator brillant et résolu (Mars-Soleil) ; Pluton en Poissons en V, le cœur sombre et tourmenté d'un homme aux sentiments obscurs ; Uranus en Lion en X, en carré à l'amas ascendant, signe d'une personnalité intransigeante et contradictoire dont le destin passera de l'ombre à la lumière de manière surprenante, un destin brillant et exceptionnel de révolutionnaire et d'autocrate, celui du dictateur réformateur qu'il fut. Ajoutons qu'avec Vénus ascendante, Sulla se mit sous la protection de la déesse. La Lune en Scorpion en II signe l'héritage dont il bénéficia, à l'origine de son retour de fortune. Mercure en Balance proche de l'Ascendant décrit l'homme cultivé et lettré. Neptune maître de X avec Jupiter en III confirme la culture et le sens organisateur et politique puissant de l'homme ; c'est aussi le signe d'une éducation soignée, d'un esprit hautement inspiré et respectueux des traditions (il prit le parti du Sénat), également de l'éloignement de son frère aîné peut-être adopté. Au plan de la santé, nous avons décrit sa rosacée vraisemblablement de type papulopustulaire, une possible maladie vénérienne associée sur le tard à une phthiriase (Vénus-Mars ascendants en Scorpion), source d'une dermatose (Saturne en XII), enfin un ulcère nécrosé de l'estomac (Mars-Lune-Pluton) dont il mourut. Finalement, Sulla mourut au printemps ~78, peut-être en mars sous le transit du Soleil sur Pluton natal (16 mars RR = JS).
Quelques degrés symboliques sont intéressants :
- l'Ascendant à 5° du Scorpion : « Un volcan environné de feu et de nuées, au sommet duquel fleurit une broussaille » Degré de Persistance et de Survivance, encadré du degé 4 du Scorpion : « Une prairie balayée par la tempête, zébrée d’éclairs » Degré de Bouleversement, et du degré 6 du Scorpion : « Homme fort, debout sur un rocher, le visage illuminé par les rayons du soleil tombant d’une trouée de nuages sombres » Degré de Chance [son surnom Felix].
- le MC à 13° du Lion : I – « Une figure comme l'Ange du Soleil (Michaël) debout, frappant la terre avec la pointe d'une épée flamboyante » Degré de Force de frappe / II – « Un lion sautant d’un rocher sur un buffle qu’il renverse et égorge » Degré de Force de frappe
- le Soleil à 17° du Scorpion : « Deux serpents enlacés en spirale » Degré d’Embrassement ou de Jalousie.
- Mars à 18° du Scorpion : « Un stylet et une table » Degré d'Avidité.
- Uranus au degré 9 du Lion : « Un chêne brisé par le vent, dessous le squelette d'une bête morte » Degré de Péril.
- Pluton au degré 22 des Poissons : « Une couronne traversée d’un glaive » Degré de Victoire instable.